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Forfanterie et provocation, les propos de Nicolas Sarkozy samedi, lors du Conseil national de l’UMP, qui s’est réjouit de l’invisibilité des grèves ont soulevé l’indignation parmi les organisations syndicales.
Pour Maryse Dumas , secrétaire confédérale de la CGT interrogée par l’AFP, "le président de la République fait une opération diversion parce qu’il a bien du mal à démontrer en quoi sa politique réussit. Ni sur le pouvoir d’achat, ni sur l’emploi, ni sur la croissance, ni sur le bien-être des Français en général, on ne peut dire qu’il y a quelque chose dont il pourrait se vanter auprès de son parti politique".
Non seulement Nicolas Sarkozy "ne connaît pas la réalité sociale car le nombre de grèves est très important", mais ses propos sont "méprisants" pour les grévistes tentant de se mobiliser sans trop gêner les usagers et pour les usagers eux-mêmes, a-t-elle estimé.
"Le président de la République joue avec le feu parce que si désormais pour faire entendre des revendications collectives les usagers doivent user de moyens d’actions qui gênent les autres, on risque d’entrer dans une spirale dangereuse pour notre pays", a mis en garde Maryse Dumas. La CGT, a-t-elle souligné, "continue à faire le choix d’actions collectives massives, responsables, portant les revendications, et elles sont très nombreuses". Ces propos présidentiels interviennent alors que l’Assemblée nationale examine le texte sur la reprsésentativité syndicale dont le président profite pour dynamiter la législation sur le temps de travail au mépris absolu du dialogue social.

Les huit fédérations de fonctionnaires (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa et FO) sont sorties déçues de leur dernière réunion de négociation sur les salaires avec le ministre du Budget, Eric Woerth.
Elles ont même mis un terme à cette "caricature de négociation". "On ne peut pas se vanter d’une négociation et ne tenir aucun compte de ce que demandent les organisations syndicales.
Rien n’était discutable, nous ne savons pas où nous en sommes", proteste Jean-Marc Canon (Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT), évoquant la possibilité d’une mobilisation à la rentrée. Cette perspective de mobilisation devrait être discutée le 16 juillet. A l’ouverture de la séance, Eric Woerth avait remis aux syndicats un document suivant lequel le point d’indice, base de calcul des salaires, serait augmenté d’au moins +0,8% en 2009 (+0,5% en juillet et +0,3% en octobre), puis de +0,5% aux 1er juillet 2010 et 1er juillet 2011.
En 2008, le point avait été revalorisé de +0,8%, tandis que la hausse de l’inflation s’était établie à 3,2% selon l’Insee.
Pour leur part, les syndicats ont affirmé d’une seule voix en préambule de la réunion : "Pour pouvoir négocier, il importe que le gouvernement prenne en compte les revendications et exigences unanimement portées par les organisations syndicales en matière d’évolution de la valeur du point d’indice tant pour 2008 que pour la période triennale à venir : les propositions actuelles ne sauraient constituer une base acceptable de discussion. Le gouvernement doit sans attendre en faire de nouvelles, d’une tout autre ambition."

Le rapport annuel emploi de l’OCDE révèle que dans les pays riches, l’emploi
des jeunes est un sujet d’iquiétude car nombre d’entre eux "ont du mal à prendre solidement pied sur le marché du travail et à progresser dans leur carrière", en particulier les moins
scolarisés.
Le rapport rend compte d’un fort développement de la précarité chez les jeunes. Ainsi en l’espace de dix ans, la part des jeunes travailleurs occupant un emploi à temps partiel ou temporaire a
augmenté. Trois jeunes sur dix travaillent à temps partiel, soit "bien plus" que les adultes.
En outre, un tiers des jeunes a un emploi temporaire, voire le quart au Canada et au Japon, ou les deux-tiers d’une génération en Pologne et Espagne.
Pour l’OCDE, "une part non négligeable des jeunes" est piégée dans le travail temporaire, notamment ceux qui sont sortis prématurément de l’école, et il y a un "risque de voir
beaucoup de jeunes enfermés pendant des années dans l’engrenage de l’alternance entre emplois marginaux et non-emploi".

La négociation sur le stress au travail a pris fin hier par un projet d’accord qui sera ensuite soumis par les organisations syndicales à leurs instances.
L’accord, qui transcrit en droit français un accord cadre européen de 2004 vise à "augmenter la prise de conscience et la compréhension du stress au travail, par les employeurs, les salariés et leurs représentants" et "attirer leur attention sur les signes susceptibles d’indiquer des problèmes de stress au travail". "Dès qu’un problème de stress au travail est identifié, une action doit être entreprise pour le prévenir, l’éliminer ou à défaut le réduire", stipule le texte. La notion de stress retenue est celle de l’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail qui le définit "un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face". Pour Daniel Prada, qui représente la CGT, le document constitue "une amélioration par rapport au texte européen" initial, avec des "avancées" sur la prévention, et notamment une "plus grande référence à l’organisation du travail".

