Lundi 7 juillet 2008


Syndicalisme

Libération - 07/07/2008 - Sarkozy décrète la grève invisible et nargue les syndicats   

Pour mobiliser une formation politique comme l'UMP et chauffer une salle militante, l'Europe n'est pas forcément le thème idéal. Alors samedi, à Paris, lors du conseil national du parti majoritaire c...

 Le Figaro (matin) -  Sarkozy provoque la colère des syndicats   

SOUS la pluie fine qui a accueilli les cadres de l'UMP à la sortie de la Mutualité, on échangeait ses impressions. « Il a toujours le feu », lance l'un. « C'est comme si la campagne ne s'était jamai...

 Bakchich - 06/07/2008 - Syndicalistes Rouges (De Honte)   

Intervenant hier devant "quelque 2.000 cadres et conseillers nationaux" du parti régimaire, le chef de l'Etat français a déclaré que : "Désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit". A...

 Le Parisien - 07/07/2008 - « Ce n'est pas la seule forme d'action possible »   

GÉRARD ASCHIERI, secrétaire général de la FSU

 Les Echos - 07/07/2008 - Réforme des prud'hommes : la CGT pose un recours devant le Conseil d'Etat   

 Les Echos - 07/07/2008 - Service minimum : Sarkozy se félicite des réformes mais agace la gauche et les syndicats   

Libération - 07/07/2008 - Dray :  «Rira bien qui rira le dernier»   

Attention danger ! Les propos de Nicolas Sarkozy sur les grèves en France (lire ci-contre) ont fait bondir des leaders politiques et syndicaux, qui ont prévenu de l'effet contre-productif de la sorti...

  

Mouvements sociaux  

Le Parisien - 05/07/2008 - Déjà 140 régularisations   

 Le Parisien - 07/07/2008 - Ambiance de grève générale à la mairie 

  

Protection sociale  

Le Parisien - 07/07/2008 - Une société de transport attaque la Sécu en justice   

  

La Tribune - 07/07/2008 - Revoir les avantages familiaux pour renflouer les caisses de retraite   

Le Conseil d'orientation des retraites (COR) travaille sur les droits familiaux et conjugaux, comme les majorations de pension et de durée d'assurance, au moment de la retraite.

 

Les Echos - 07/07/2008 - Assurance-maladie : le gouvernement ne prendra pas de mesures d'urgence   

Les économies nouvelles seront décidées non pas en juillet mais à la rentrée, dans le cadre du budget 2009 de la Sécurité sociale. Le gouvernement ambitionne de ramener le déficit de la branche maladie entre 2 et 3 milliards en 2009.

 

L'Humanité - 05/07/2008 - « Un discours qui cache une remise en cause du pacte républicain »   

 «Vieille rengaine libérale, le thème de l'État dépensier n'a jamais été aussi usité. Labourant ce terrain idéologique, le pouvoir a décidé, au prétexte d'un endettement public insupportable et d'une...

 Actualité sociale  

La Tribune - 07/07/2008 - L'État ouvre le débat sur le statut de La Poste   

Pressée par l'ouverture totale du marché européen à la concurrence en 2011, La Poste envisage de se transformer en société anonyme, " Un projet, qui mérite intérêt " selon Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée. Face au tollé syndical, le gouvernement veut calmer le jeu.

 

Les Echos - 07/07/2008 - Tollé chez les syndicats, prudence au gouvernement   

Les représentants du personnel du troisième employeur français annoncent déjà « la fin du service public » et des « milliers de suppressions d'emplois », tandis que Luc Chatel affirme que La Poste restera une entreprise publique.

 

Les Echos - 07/07/2008 - Le RSA va être mis en place sans suppression de la prime pour l'emploi   

Martin Hirsch organise une conférence de consensus, mercredi, pour finaliser le revenu de solidarité active. La prime pour l'emploi sera maintenue, mais rabotée dans une fourchette comprise entre 400 millions et 1 milliard d'euros.

 

La Tribune - 07/07/2008 - Inflation : pourra-t-on éviter une spirale prix-salaires ?   

Alors que la hausse des prix de la zone euro sur un an a atteint 4 % à la fin juin, la Banque centrale européenne a relevé de 0,25 point son taux directeur, à 4,25 %. Son président, Jean-Claude Trichet, a affirmé que cette hausse suffirait à ramener l'inflation en dessous de 2 %. Encore faut-il que la spirale prix-salaires ne s'enclenche pas.

 

20 Minutes - 04/07/2008 - Au port, le conflit pourrit   

Edition de Nantes - Les agents CGT ont brièvement investi hier matin les locaux de la direction du Port autonome de Nantes/Saint-Nazaire, toujours pour protester contre la réforme portuaire du gouver...

 

Aujourd'hui en France - 07/07/2008 - Goodyear Dunlop : une usine au point mort   

Amiens (Somme)DE NOTRE CORRESPONDANTE

 

Libération - 05/07/2008 - Le statut privé s'invite à la Poste    

La Poste prend-elle le chemin de France Télécom ? La révélation, dans le Monde de vendredi, d'études préliminaires menées à la Poste en vue d'un changement de statut, qui passerait de celui d'Epic (E...

 

Europe et international  

Le Monde - 06/07/2008 - Les Pays-Bas projettent d'obliger les chômeurs à ne refuser aucun emploi   

Face à la pénurie de main-d'oeuvre dans le pays, le gouvernement néerlandais entend encourager par tous les moyens le retour à l'emploi. " Le principe est que l'on est toujours récompensé si l'on va ...

  

Actualité en régions  

Sud Ouest - 07/07/2008 - Rochefort Zodiac : les échéances de la semaine C'est ce jeudi, au siège d'Issy-les-Moulineaux, que doit 

RochefortZodiac : les échéances de la semaineC'est ce jeudi, au siège d'Issy-les-Moulineaux, que doit se tenir le comité central d'entreprise, dernière réunion de consultation du plan social. Auparav...

par ferc cgt 66 publié dans : La revue de presse Ferc CGT 66
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Lundi 30 juin 2008


Syndicalisme  

 

Le Figaro (matin) - 30/06/2008 - Pour ou contre la renégociation directe des 35h?   

LES ENTREPRISES pourront-elles négocier directement avec leurs syndicats ou avec des représentants du personnel l'organisation du temps de travail ? Si le projet de loi, qui est déjà passé par la ca...

 

Le Figaro Economie (matin) - 30/06/2008 - 35 heures, LME : deux réformes emblématiques au Parlement   

Hasard des calendriers, ce sont deux réformes au coeur du projet présidentiel de Nicolas Sarkozy qui sont au menu des travaux parlementaires : libérer le travail et libérer la croissance. L'Assemblé...

 

Le Monde - 28/06/2008 - La chancellerie donne des instructions sur " la mouvance anarcho-autonome "   

DANS UNE NOTE adressée le 13 juin à l'ensemble des parquets, le ministère de la justice met l'accent sur une " multiplication d'actions violentes (...) attribuées à la mouvance anarcho-autonome ", en...

 

Les Echos - 30/06/2008 - Pénibilité : Laurence Parisot propose un débat devant les parlementaires   

 

 

Mouvements sociaux  

 

Aujourd'hui en France - 28/06/2008 - Routes encombrées et RER B perturbé   

 

Aujourd'hui en France - 28/06/2008 - Les salariés de Goodyear votent en faveur des 4 x 8   

 

L'Humanité - 30/06/2008 - Les salariés Goodyear « vont craquer »   

Pneumatique . Les salariés d'Amiens ont voté vendredi sur le passage aux 4 x 8. Pour la CGT, le non est majoritaire. La direction maintient le chantage aux licenciements.

 

Les Echos - 30/06/2008 - Goodyear Amiens : les salariés disent « oui » aux 4 × 8   

Appelés à se prononcer vendredi pour ou contre le passage aux 4 × 8 de leur usine, les salariés du géant du pneumatique se sont largement déclarés favorables. Un résultat que conteste la CGT, majoritaire.

 

L'Humanité - 30/06/2008 - Les travailleuses sans papiers donnent de la voix   

àl'Opéra-Bastille, vendredi soir, 250 femmes  se sont rassemblées pour ...

 

L'Humanité - 30/06/2008 - La tension monte à Plan-de-Campagne   

Marseille . Manifestation demain, contre le travail du dimanche.

 

Le Monde - 29/06/2008 - " C'est peut-être la fin du Syndicat du livre "   

RÉFORMISTE, Michel Muller, secrétaire général de la Filpac-CGT (Fédération des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication), livre son analyse sur le plan de modernisation ...

 

 

Actualité sociale

L'Humanité - 30/06/2008 - Quatre cent mille saisonniers et 78 millions de touristes   

 

 

La Tribune - 30/06/2008 - Les nouvelles frontières de l'entreprise   

Comme chaque année, " La Tribune" s'associe aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, le " Davos provençal ", organisées par le Cercle des économistes à l'occasion du Festival d'art lyrique, qui fête son soixantième anniversaire. 2.000 participants sont invités sur trois jours à écouter une centaine d'intervenants de renom, dont la moitié d'étrangers, avec une caractéristique unique : mélanger des universitaires (plusieurs Prix Nobel d'économie) et des hommes et des femmes d'entreprise, autour d'un sujet fédérateur. Cette année, ce sera justement l'entreprise, dans tous ses états. PH. M.

 

Libération - 30/06/2008 - «C'est la peur du chômage, non la RTT, qui durcit les négos salariales»   

Le projet de loi portant sur la «rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail» doit être examiné à partir de demain par l'Assemblée nationale. Fervent défenseur de la réduction ...

 

 

Protection sociale  

 

Aujourd'hui en France - 28/06/2008 - « S'attaquer d'urgence aux dépassements d'honoraires »   

 ...

 

L'Humanité - 28/06/2008 - Longues maladies : la Sécu fait marche arrière 

Protection sociale . La direction de l'assurance maladie a retiré hier sa proposition de déremboursement touchant les patients atteints d'affections de longue durée.

 

L'Humanité - 28/06/2008 - Cumul emploi-retraite... mais quel emploi ?   

Emploi . Le gouvernement veut développer le cumul emploi-retraite après 60 ans, alors que des millions de seniors sont écartés de l'entreprise.

 

La Tribune - 30/06/2008 - Xavier Bertrand propose aux partenaires sociaux de négocier sur la santé au travail   

La deuxième conférence sur les conditions de travail s'est tenue vendredi. Le ministre du Travail a confirmé le lancement d'une enquête nationale sur le stress au travail.

 

Le Monde - 29/06/2008 - L'assurance-maladie fait marche arrière sur les affections longue durée   

La direction de l'assurance-maladie retire de sa proposition de plan d'économies toutes les mesures concernant les affections longues durées (ALD), qui avaient provoqué une vive polémique. " A la sui...

 

Le Monde - 28/06/2008 - " La proportion de chômeurs qui fraudent est infime "   

La loi sur la modernisation du service public de l'emploi a organisé la fusion entre l'ANPE et les Assedic afin d'accélérer le retour à l'emploi. L'objectif du gouvernement est d'atteindre le plein e...

 

Les Echos - 30/06/2008 - Prise en charge des maladies graves : les députés ont eux aussi un projet   

L'assurance-maladie a retiré ses mesures d'économies sur les ALD. Le député Jean-Pierre Door (UMP), rapporteur d'une mission sur les ALD, plaide avec vigueur pour la mise en oeuvre du « bouclier sanitaire » défendu par Martin Hirsch.

 

 

Europe et international  

 

Le Monde - 28/06/2008 - Bruxelles propose un nouvel agenda social pour renforcer le socle commun des droits 

L'Europe sociale revient à l'ordre du jour. La principale leçon que l'on tire, à Bruxelles comme à Paris, de la désaffection des opinions publiques à l'égard de la construction européenne est que
par ferc cgt 66 publié dans : La revue de presse Ferc CGT 66
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Lundi 30 juin 2008


Allocations  chômage : une revalorisation bien loin du compte pour les privés d’emploi

 Les allocations chômage seront revalorisées de 2,5% à compter du 1er juillet 2008. Un chiffre bien inférieur à l’inflation prévue pour cette année (3,2%) et nettement insuffisant au regard de la situation des privés d’emploi.

 Afin de permettre aux privés d’emploi de vivre dans des conditions décentes et de leur donner les moyens d’assumer le coût important d’une recherche d’emploi, la CGT a revendiqué au cours du Conseil d’administration de l’Unedic qui s’est tenu hier une revalorisation forte des allocations chômage à hauteur de 6%.

Pour les privés d’emploi, le niveau d’allocation dépasse en effet à peine les 1000 euros mensuels. Un allocataire Assedic sur trois perçoit une allocation mensuelle inférieure à 823 euros et se situe donc en dessous du seuil de pauvreté,  la moitié des allocataires perçoivent une allocation inférieure à 924 euros. Est-il encore besoin de le rappeler, nous traversons à l’heure actuelle une crise sociale très grave et sans doute malheureusement durable : nous devrions en effet connaître cette année une croissance en berne, tous les indicateurs  économiques ont viré au rouge, le débat sur le pouvoir d’achat s’amplifie (une enquête de la Dares publiée le 20 juin nous indique que les Français ont ainsi  perdu 0,5 point de pouvoir d’achat depuis un an). De plus, en raison de la forte hausse des prix alimentaires et des prix énergétiques, l’inflation devrait atteindre selon l’Insee cette année le chiffre record de 3,2 %, un niveau jamais égalé en France depuis 1991. De fait, le gouvernement a récemment dû procéder à deux réajustements du Smic (+2,3 % en mai 2008 ; +0,9 % en juillet).

 Pour leur part, les autres organisations syndicales ont demandé 4% pour FO, 4,5% pour la CFTC, la CFDT  a proposé 6% pour les allocations inférieures à 1500 euros et 3,3% pour les allocations supérieures à 1500 euros, la CGC 4%. Les organisations patronales ont initialement  proposé une hausse de 1,9 %. A l’issue de diverses suspensions de séances, suspensions à l’issue desquelles la CGT a constamment maintenu ses exigences d’une revalorisation de 6% ; le patronat a mis au vote une proposition de 2,5%, proposition sur laquelle les syndicats se sont abstenus et qui a été finalement adoptée avec les voix du collège employeurs (Medef, CGPME, UPA).

 Pour la CGT, cette revalorisation est nettement insuffisante au regard des besoins des privés d’emploi. Contrairement à ce que prétend le Medef, une revalorisation forte n’aurait en rien mis en danger les comptes de l’assurance-chômage qui se sont améliorés. De plus, alors que le résultat de gestion technique de l’Unedic s’est élevé  à 5,5 milliards d’euros en 2007, qu’un  excédent de 940 millions d’euros a été dégagé en janvier dernier, et qu’un excédent de 4,6 milliards d’euros devrait être obtenu en 2008,  il est hors de question comme l’envisage actuellement  le gouvernement d’affecter ces recettes au renflouement des caisses de retraites. Les cotisations pour le chômage doivent aller à l’assurance-chômage et les recettes générées doivent être pour le moins affectées à un financement plus important des prestations de retour à l’emploi et à une meilleure indemnisation des privés d’emploi qui peinent dans leur immense majorité à joindre les deux bouts.

par ferc cgt 66 publié dans : Demandeurs d'emploi, Assedic
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Lundi 30 juin 2008

Merci aux 34 270 visiteurs qui ont consulté 59 745 pages du site Ferc CGT 66, le blog "en toute liberté".
par ferc cgt 66 publié dans : Le site: Chiffres et infos pratiques
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Jeudi 26 juin 2008


 

Répondre en urgence à l’escalade du prix des carburants

Le prix des carburants ne cesse de grimper : un super sans-plomb 95 à 1,50 le litre, voire plus dans certaines stations, un gazole de base qui se rapproche de 1,50… La situation est intenable pour une majorité des ménages, surtout les salariés condamnés à prendre leur véhicule quotidiennement, faute de moyens de transport en commun appropriés. Les retraités, les privés d’emploi sont aussi fortement touchés. La facture hebdomadaire s’alourdit de plusieurs dizaines d’euros. Cela aggrave le problème du pouvoir d’achat pour une grande partie de la population qui voit son niveau de vie baisser à cause de la faiblesse des salaires, des pensions de retraite, de l’Assedic et des minima sociaux.

Les gens en ont marre de la hausse du prix des carburants et exigent des mesures immédiates. La « solution » de Mme Lagarde proposant aux gens de rouler en vélo relève de la fantaisie. Il faut des solutions raisonnables, faisables et sérieuses. Quant aux annonces du premier ministre, en l’état elles demeurent imprécises et ne répondent pas aux attentes des salariés, des retraités, des privés d’emploi…

La hausse du prix des carburants alimente celle des autres produits. Cette spirale crée un nouveau prétexte pour le patronat pour s’opposer à la revendication juste et légitime de la hausse des salaires.

Les salariés ne sont pas dupes. L’exigence des mesures immédiates face à la flambée des prix des carburants ne doit pas mettre en sourdine la revendication de la hausse des salaires. Avant même la flambée des prix des carburants, la hausse des salaires et la faiblesse du pouvoir d’achat qui en résulte, figuraient parmi les premières préoccupations de nos concitoyens. Cette flambée des prix met en exergue de façon encore plus criante l’insuffisance des salaires.

Parallèlement, la flambée du prix du pétrole met en difficulté des pans entiers d’activité, surtout dans l’industrie, avec des conséquences graves pour les travailleurs en termes d’emploi, de salaire et de conditions de travail.

Le rôle crucial du pétrole dans les processus productifs et pour répondre aux besoins de consommation de la population montre qu’il ne faut pas le laisser au bon vouloir des marchés. Une régulation à plusieurs échelons -national, européen et mondial-, est indispensable pour empêcher les dérives spéculatives et assurer la sécurité d’approvisionnement et la transparence des prix aux bénéfices des salariés et des consommateurs.

 

D’où vient cette flambée des prix ?

Sur le long terme, le prix des matières premières, y compris celui du pétrole, est fixé en fonction des capacités d’offre et de l’évolution de la demande. S’agissant du pétrole, la croissance économique dans les parties moins développées du globe conduit à une hausse de la demande. Quant à l’offre, elle dépend du développement des technologies, permettant d’aller chercher le pétrole en profondeur, et du niveau des prix justifiant effectivement la recherche des ressources moins accessibles. En l’état actuel des connaissances scientifiques et technologiques, les ressources pétrolières seraient disponibles pour une cinquantaine d’années. Mais cette ressource n’est pas illimitée ; elle est substituable, mais elle n’est pas renouvelable.

 

Le pétrole n’est pas uniquement une source d’énergie. Il est aussi une matière première utilisée par un ensemble de secteurs (pétrochimie, plasturgie, construction mécanique, agriculture…). Ses produits dérivés jouent un rôle important pour l’activité économique prise dans l’ensemble.

 

La prise en compte de ces données doit alimenter une stratégie de long terme visant une utilisation plus efficace de cette matière première. « L’après pétrole » concerne aussi bien les pays producteurs que les pays consommateurs.

L’ensemble de ces facteurs conduit à présager une tendance à la hausse du prix du pétrole sur le long terme. Mais ces tendances structurelles n’expliquent pas la flambée récente du prix du pétrole. Il est donc important de bien distinguer les facteurs structurels et les facteurs conjoncturels.

Pour expliquer la flambée du prix du pétrole, la plupart des experts montrent du doigt les pays émergents, surtout la Chine. La forte croissance économique de ces pays entraînerait une hausse de la demande, provoquant un déséquilibre sur le marché, poussant les prix vers le haut. Ce même argument est avancé pour expliquer la flambée des prix d’autres matières premières et de produits alimentaires.

Cet argument n’est pas sans fondement. Le développement économique de ces pays entraîne une hausse de la demande émanant de ces pays pour deux raisons : d’abord pour utiliser ces matières dans les processus productifs ; ensuite, la hausse des revenus d’une partie de la population qui profite de cette croissance économique alimente une demande supplémentaire pour des matières premières et des produits alimentaires.

Toutefois, cet argument n’est pas suffisant pour expliquer la flambée récente du prix du pétrole. Cela fait des années que l’économie chinoise croît à un rythme de 10 % par an. Du côté de la demande, il n’y a donc pas de facteur particulièrement nouveau qui pourrait expliquer cette flambée des prix.

Qu’en est-il alors de l’offre. L’événement le plus important qui a eu un impact significatif sur l’offre du pétrole date de l’invasion de l’Irak par les forces américaines et leurs alliés. A la suite de cette invasion, la capacité mondiale de production et d’offre a été amputée de quelque 3 millions de barils par jour. Depuis, les pays producteurs ont compensé ce manque, sans doute dans le cadre d’une stratégie coordonnée avec la puissance américaine. Il n’y a donc pas d’événement récent qui ait impacté de façon particulièrement significative la production du pétrole.

Deux autres précisions semblent aussi nécessaires en ce qui concerne l’offre du pétrole. D’abord, le secteur, qu’il s’agisse de l’exploration, de l’extraction, du raffinage souffre d’un manque d’investissement. Ensuite, compte tenu des perspectives de long terme, certains pays producteurs semblent opter pour une nouvelle stratégie ; c’est le cas par exemple de la Russie qui ferme ses ressources aux compagnies pétrolières étrangères. Ce deuxième facteur intensifie la dimension stratégique et géopolitique du pétrole. Ces facteurs ont aussi un impact sur le marché pétrolier ; mais ils ne suffisent pas non plus pour expliquer la flambée des prix.

Le facteur qui, dans la conjoncture actuelle, semble avoir un impact particulièrement significatif est bien la spéculation. Il faut rappeler que les transactions sur ce qu’on appelle « pétrole papier » sont 36 fois plus élevées que celle portant sur le pétrole lui-même.

Depuis l’éclatement de la crise financière aux Etats-Unis (crise dite de subprimes), les capitaux financiers cherchent de nouveaux supports, de nouveaux produits financiers. D’où une forte hausse des opérations sur les contrats liés au pétrole et aux autres matières premières et de produits alimentaires (« produits dérivés »). Des banques, des fonds d’investissement, des hedge funds, voire des fonds de pension jouent un rôle particulièrement actif dans les transactions spéculatives sur le pétrole et sur d’autres matières premières et de produits alimentaires. Un nombre de plus en plus important d’experts et d’observateurs, y compris à Wall Street, évoque désormais le rôle de la spéculation dans cette flambée des prix. Dans les milieux d’affaires, la ruée de ces « investisseurs » vers le pétrole, l’uranium, le blé, le coton… est qualifié de « Wild West » de Wall Street.

 

A qui profite cette flambée des prix ?

Certainement pas aux consommateurs.

Les consommateurs, et particulièrement les salariés condamnés à prendre leur véhicule pour se rendre à leur lieu de travail, sont les premiers perdants de cette flambée des prix. Qui en profite alors ?

Ce ne sont certainement pas les travailleurs des pays producteurs. Ils sont condamnés à continuer de travailler dans des conditions difficiles ; le plus souvent ils sont privés des droits fondamentaux au travail et particulièrement du droit à la syndicalisation et à la négociation collective. De plus, le plus souvent l’usage et la redistribution de la rente pétrolière dans ces pays perturbent les équilibres économiques et conduisent à une forte inflation des prix et une baisse du pouvoir d’achat des travailleurs, avec comme conséquence une aggravation des inégalités sociales.

Qui profite donc de ces évolutions ?

1°) Les financiers, les spéculateurs, y compris les banques, les fonds d’investissement, les hedge funds et les fonds de pension ;

2°) Les dirigeants, la plupart du temps corrompus, des pays producteurs du pétrole ;

3°) Les compagnies pétrolières dont les profits explosent ;

4°) Les Etats des pays comme la France qui, en taxant les produits pétroliers, accentuent la ponction sur les consommateurs et particulièrement sur les salariés ;

5°) Enfin, les firmes multinationales qui, on ne le dit pas assez, exploitent les travailleurs des pays émergents et qui sont, avec les nouveaux capitalistes de ces pays, les principaux gagnants de la croissance de ces pays, surtout en Chine.

 

Les gesticulations du gouvernement ne sont pas à la hauteur

Face à la montée du mécontentement, et pour calmer les esprits, le gouvernement annonce trois mesures :

-         la création d’un fonds visant à atténuer les effets de la hausse du prix des carburants pour certaines catégories d’usagers ;

-         la demande d’une réduction de la TVA sur les carburants adressée à la Commission de Brucelles ;

-         une « aide directe » aux salariés, les partenaires sociaux devant s’entendre sur les conditions de son application.

La CGT n’est pas opposée à la réduction de la TVA qui est, par nature, injuste car elle ne tient pas compte de la capacité contributive des consommateurs. Evidemment, une telle mesure nécessite coordination et accord unanime des 27 pays membres. La présidence française doit être l’occasion de poser et de porter cette revendication.

Ceci posé, les mesures annoncées par le gouvernement sont contradictoires puisque, dans un contexte d’économies et de réduction du déficit budgétaire, le fonds en question doit être alimenté par de nouvelles ressources fiscales, surtout la fiscalité indirecte, donc par les contribuables et principalement par les salariés. Dans le meilleur des cas, le fonds sera doté de quelques centaines de millions d’euros déjà préemptés pour financer le plan de stabilisation des revenus des pêcheurs.

S’agissant de « l’aide directe », outre le fait que le gouvernement vise se dédouaner en reportant la responsabilité sur les « partenaires sociaux », il faut préciser que cette mesure, dont le contenu demeure imprécis, ne règlerait pas le problème des retraités et des privés d’emploi.

 

La Cgt exige des réponses immédiates et à long terme

Il est urgent de traiter le problème du pouvoir d’achat.

La CGT exige les mesures immédiates suivantes :

  1. Les augmentations de salaires doivent tenir compte de la hausse réelle du coût de la vie, donc de l’augmentation des prix du carburant et du gaz. L’état qui fixe les prix de l’électricité et du gaz doit être garant d’un juste équilibre tarifaire s’appuyant sur l’interdépendance énergétique et les équipements EDF. Dans cette perspective, la CGT demande la réouverture des négociations salariales dans les entreprises, les groupes et les branches professionnelles.
  2. La mise en place d’une aide immédiate et directe, inscrite sur la feuille de paie, permettant la prise en compte de la réalité des frais de transports domicile/travail.
  3. Révision de la fiscalité sur les produits pétroliers en harmonisant la réduction de la TVA au niveau européen, en retirant de la base de calcul de la TVA, la TIPP (partie fixe du prélèvement).
  4. Mise à contribution de ceux qui profitent de la flambée des prix (compagnies pétrolières, financiers, spéculateurs…).
  5. Un ajustement immédiat des indemnités destinées aux salariés (secteur privé/public/état) utilisant professionnellement leur véhicule et remboursés forfaitairement au km parcouru.
  6. Réouverture des négociations salariales dans les entreprises, les groupes et les branches professionnelles.

 

Les propositions avancées par la CGT doivent impérativement s’inscrire dans le cadre d’initiatives politiques indispensables telles que la mobilisation des états membres afin de mettre fin à la guerre en Irak, la participation active de la France à la conférence internationale rassemblant les pays producteurs et consommateurs et l’impulsion, par notre pays, des initiatives pour réguler les opérations portant sur les produits dérivés (alimentaires).

 

Dans l’immédiat, des initiatives politiques fortes sont aussi indispensables

-         L’impact négatif de la guerre en Irak sur le marché pétrolier est incontestable. La fin de l’invasion américaine permettrait d’accroître l’offre et d’atténuer la spéculation. Dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne, la France doit prendre l’initiative de mobiliser les Etats membres pour mettre fin à la guerre en Irak ;

-         La France doit aussi participer activement à la Conférence internationale rassemblant les principaux pays producteurs et consommateurs ;

-         Elle doit surtout impulser les initiatives pour réguler les opérations portant sur les « produits dérivés ».

 

La CGT propose aussi des mesures de long terme

Selon les experts, les prochaines années seront marquées par une hausse du prix du pétrole. Il est inadmissible que les coûts d’une telle évolution soient reportés sur le monde du travail.

-         A long terme, il est important d’impulser un programme national d’efficience énergétique dans le logement et les transports, seul susceptible d’abaisser structurellement les factures énergétiques. C’est le sens des conclusions de Grenelle de l’environnement, mais pour lesquelles jusqu’à présent il n’est pas dégagé les moyens de financement correspondant.

-         Il est aussi important d’accroître les efforts pour la recherche-développement, surtout en amont, et d’augmenter l’investissement pour améliorer les capacités de production notamment celles du raffinage. Cela nécessite une hausse des dépenses publiques et une plus grande implication du secteur privé.

-         L’Europe, au lieu de brandir l’étendard de la concurrence dans ce secteur, devrait travailler à la mise en œuvre d’une politique énergétique commune capable de conforter l’indépendance du continent, de réaliser les investissements nécessaires et de contenir la spéculation sur les biens énergétiques.

-         L’Europe doit aussi travailler sur des projets de coopération qui tiennent compte des besoins des pays producteurs et consommateurs du pétrole et de la nécessité de la promotion des droits sociaux dans les pays producteurs.

 

La présidence française de l’Union européenne doit être l’occasion d’impulser des initiatives dans ces directions.

par ferc cgt 66 publié dans : Actualité Nationale
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   Des analyses sur les salaires, l'emploi, le pouvoir d'achat, les retraites, la santé, les conditions de travail...tous les sujets de société.
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