
Le monde du travail ne se retrouve pas dans les annonces du gouvernement
Au moment où le mécontentement remonte partout et où le pouvoir en place est en difficulté, le gouvernement relance une campagne médiatique sur les derniers chiffres concernant la croissance
économique. Dans son communiqué, le président de la République y voit l’impact des mesures prises en faveur de l’emploi, du travail et du pouvoir d’achat.
La CGT serait le premier à se féliciter d’une amélioration réelle de la situation économique et sociale. Le problème est que le cri de victoire du gouvernement vise à brouiller les pistes, à
tromper les gens sur la politique à suivre pour répondre à leurs attentes.
Le taux de croissance de l’économie française est révisé en hausse pour l’année 2007 à 2,2 %. Il est supérieur à « la fourchette basse » des prévisions gouvernementales, ce dont réjouit
Mme Lagarde ; mais elle omet de préciser que ce taux est inférieur à la « fourchette haute » prévue par ce même gouvernement. Soulignons toutefois que, corrigé des jours travaillés, le
taux de croissance en 2007 est en baisse par rapport à l’année précédente.
S’agissant de l’année en cours, le taux de croissance au premier trimestre montrerait aussi une légère accélération par rapport aux prévisions gouvernementales. Cette accélération s’explique par
une hausse des exportations, notamment vers l’Allemagne, et de celle des investissements. En revanche, la consommation des ménages se ralentit par rapport au trimestre précédent. Cela signifie
que, contrairement à ce que prétendent le chef de l’Etat et son gouvernement, les mesures mises en place (paquet fiscal, défiscalisation des heures supplémentaires…) n’ont pas été productives,
sauf pour une minorité qui en ont largement bénéficié.
Dans la réalité, la majorité des salariés, des privés d’emplois et des retraités sont confrontés à
une forte pression sur leur pouvoir d’achat. La hausse des prix s’accélère, tandis que les salaires et les pensions demeurent atones. La hausse automatique du Smic reflète cette réalité. Mais le
patronat refuse de répercuter cette hausse du Smic sur les grilles de salaire.
Les pensions et les minima sociaux subissent aussi une perte du pouvoir d’achat. La CGT exige que le mécanisme de la hausse automatique en cas d’accélération de l’inflation soit aussi appliqué
aux pensions et aux minima sociaux.
L’emploi a quasiment stagné au premier trimestre et les licenciements se multiplient. Enfin, les inégalités de revenus et surtout de patrimoine s’intensifient. L’ensemble de ces données confirme
que le monde du travail ne retrouve pas ses comptes dans les chiffres du gouvernement. La plupart des experts demeurent perplexes quant aux perspectives de la croissance dans les prochains
mois : à la dégradation de la conjoncture mondiale s’ajoutent, en France, la situation détériorée de la plupart des salariés, des retraités et des privés d’emploi. S’y ajoutent aussi les
conséquences de la crise financière qui poussent les banques à rendre plus difficiles les conditions de crédit notamment pour les petites et moyennes entreprises, ce qui va affecter
l’investissement et l’emploi.
La Cgt réaffirme que consolider la croissance économique est indispensable pour créer des emplois et réduire le chômage et la précarité. Cela passe par une hausse des salaires et du pouvoir
d’achat, par un accroissement de l’investissement des entreprises et par les investissements publics. Les choix des entreprises et du gouvernement ne favorisent pas ces conditions, au contraire.
La CGT demande que la période qui s’ouvre soit l’occasion de porter un débat de fond sur l’ensemble de ces questions.

