Bac Pro 3 ans, confirmation de nos analyses

Publié le par ferc cgt 66


Généralisation du bac pro 3 ans :

Après la théorie,

les travaux pratiques !

 


 

 
Si certains s’interrogeaient encore sur ce que signifie concrètement la généralisation du bac pro 3 ans, une circulaire d’un Recteur (celui de l’académie de Versailles) apporte des réponses édifiantes.
C’est incroyable, et sa lecture a fait bondir plus d’un collègue.

                                                            

 


S

’appuyant sur les conclusions du protocole national concernant les évolutions de la voie professionnelle (signé par le Snetaa, le Sgen et le Syndicat des proviseurs de l’Unsa), ce Recteur n’y va pas par quatre chemins.

Il ne doit plus y avoir d’élèves de l’Académie entrant en sections de BEP, en dehors de la filière sanitaire et sociale, à la rentrée de septembre 2009.

 

Le BEP étant aujourd’hui la structure d’accueil la plus répandue pour démarrer la formation professionnelle initiale publique, on assiste à une transformation totale de l’enseignement professionnel.

 

  


Où sont les prétendus respects de « l’expérimentation », les « assurances »

que le protocole de discussion proposé et signé par certaines organisations syndicales n’entérinait en rien la disparition des BEP ?

 

 

 

La méthode est inadmissible, les décisions particulièrement brutales et elles ne peuvent que rencontrer la plus grande hostilité des personnels, des parents, des élèves.

 

Mais ce n’est pas tout, le Recteur en rajoute très fortement en attaquant l’enseignement professionnel sous statut scolaire dispensé en LP. Il écrit en effet :

 

« Au demeurant certains métiers se prêtent naturellement (souligné par nous) à une préparation par la voie de l’apprentissage (secteur du bâtiment et des travaux publics, de l’hôtellerie et de la restauration, de la mécanique et de la réparation automobile, de la vente etc.), alors que la voie scolaire peut paraître plus pertinente (attention on n’en est pas bien sûr ! Ndlr) dans d’autres filières comme l’électronique ou l’électrotechnique ».


D’où sort

cette affirmation ?

 

Tout le sens du combat mené depuis des dizaines d’années pour intégrer la voie professionnelle comme une voie à part entière dans le lycée, est rayée de la carte par cette phrase.

  


D’où sort-il

ce « naturellement » ?

 

Sur quels arguments scientifiques (Darwin ?) s’appuie le Recteur pour affirmer une telle contrevérité ?  Est-ce les résultats de nos élèves aux examens par rapport à ceux des apprentis ?

 

 

Evidemment non. C’est un positionnement purement idéologique, à l’opposé de ce que les enseignants constatent sur le terrain. Essayer de faire signer un contrat d’apprentissage (donc un contrat de salarié avec un salaire, même faible) à un patron, alors que nous avons beaucoup de difficultés à placer, aujourd’hui, nos élèves en stage en entreprise dans des conditions de formation satisfaisantes. Que font nos collègues d’atelier ou nos collègues du secteur tertiaire pendant leurs heures de cours, pas de la formation professionnelle ?

 

è Du côté de la poursuite d’études, les choses sont beaucoup plus pragmatiques que les envolées « lyriques » que l’on peut lire, ici où là, dans la prose ministérielle, pour essayer de nous faire passer la pilule. Le Recteur, lui, doit gérer des moyens, et des moyens il en a de moins en moins. Cela ne va pas aller en s’arrangeant si on laisse le ministre supprimer 80 000 emplois dans les 4 ans qui viennent (déjà 11200 à cette rentrée).

 

Ä

è Pour les BTS, le discours du Recteur a, au moins, le mérite de la franchise : « L’évolution de la carte des BTS sera poursuivie sachant, qu’il convient prioritairement de diminuer encore le nombre des places vacantes ; ceci conduira à fermer les sections qui, au fil des années, n’accueillent qu’un faible nombre d’élèves. Le meilleur remplissage des sections existantes reste un objectif impératif. »


Pour ceux qui ont cru déceler dans le protocole de discussion la volonté de X. Darcos de développer le passage d’élèves de Bac pro vers les BTS, on ne peut être plus clair. C’est impossible au vu des moyens budgétaires attribués.


 

 

 


Nous ne nous étions pas trompés.

Le protocole national sur la rénovation de la voie professionnelle

est inacceptable et sa mise en œuvre n’en sera que la triste illustration. Fermeture des sections BEP, orientation massive vers des CAP.

 

 


Nous avons notre mot à dire sur ce qui se passe aujourd’hui dans nos établissements. Nous ne devons pas attendre la mise en place d’une politique que nous savons catastrophique pour nos élèves, ceux qui sont le plus en difficulté, ceux qui ont le plus besoin d’un véritable service public d’Education.

 

Le vote pour la mise en place de Bac pro 3 ans dans les conseils d’administration ne se justifie plus, alors qu’il pouvait se comprendre lorsque les deux systèmes cohabitaient. C’est pourquoi la CGT Educ’action appelle d’ores et déjà à voter contre toute nouvelle suppression de BEP.

La CGT Educ’action organisera dès ce mois de juin des réunions intersyndicales dans les établissements pour refuser la logique dans laquelle on veut nous enfermer.

 

La CGT Educ’action, avec les personnels avancent des propositions pour rénover vraiment la voie professionnelle. Nous sommes pour des parcours diversifiés et l’élévation générale des niveaux de qualification.

Nous sommes contre le développement de l’apprentissage. C’est l’enseignement professionnel public, en se rénovant avec les moyens nécessaires, qui répond à ces exigences.

 


  

Avec les élèves et leurs parents, nous nous battrons pour exiger les moyens d’un enseignement professionnel public à la hauteur des exigences que nous portons collectivement.

Publié dans Lycées Professionnels

Commenter cet article