Les raisons de l'engagement de la CGT contre le fichier Edvige

Publié le par ferc cgt 66

 

Le fichier policier Edvige est particulièrement dangereux pour un ensemble de raisons :

-          Il concerne des millions de personnes et d’organisations (syndicats, associations, partis) ; notamment militants syndicaux, associatifs, politiques, mais aussi leur famille et leurs connaissances.

-          Il repose sur l’idée que sont potentiellement dangereuses les personnes et les organisations « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ».

-          Il réalise un amalgame entre citoyenneté, entre militance et délinquance.

-          Les mineurs de 13 ans sont fichables, ce qui était interdit.

-          Il organise le fichage de données personnelles, sensibles, pratiquement sans limite (état civil, déplacements, fréquentations, appartenance ethnique, vie sexuelle, état de santé, opinions politiques, religieuses, appartenance syndicale…).

-          Il a une durée de conservation « illimitée ». Il sera un obstacle à l’accès à de nombreux emplois.

-          Rien ne s’oppose à ce qu’il soit communiqué à des États étrangers. On sait que nombre d’entre eux interdisent l’accès sur leur territoire pour des motifs syndicaux, politiques, de santé, d’homosexualité.

 Si la CGT se mobilise contre le Fichier EDVIGE, c’est qu’il concerne notre quotidien de militant syndical dans l’entreprise, mais aussi notre vie de famille, notre engagement associatif, philosophique ou politique. Peuvent être fichées les personnes « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique, ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ».

 Ø      Edvige revient sur un droit constitutionnel, celui de la liberté syndicale.

Ses dispositions sont une atteinte sans précédent à la liberté syndicale, scellée dans la constitution de 1946, reprise par notre constitution actuelle : « Tout homme peut défendre ses droits et intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix ».

 Ø      Edvige remet en cause des libertés individuelles.

Jusqu’à maintenant, toute discrimination fondée sur l’appartenance syndicale est illicite. Les employeurs ne devraient pas tenir compte de l’engagement syndical pour embaucher, sanctionner ou encore licencier les militants.

Pourtant,à la CGT, nous savons ce que discrimination syndicale de la part de patrons et de l’Etat veut dire ! Le respect de la loi actuelle reste élastique.

Or voici que ces mêmes patrons savent désormais que l’Etat, la police, va ficher les syndicalistes. Certains s’imagineront avoir un permis pour accentuer la répression.

Malgré les dénégations tardives du Medef, le patronat a surtout vu dans Edvige un moyen d’en savoir plus sur la vie des militants syndicaux. Grâce à la large mobilisation en cours, nous avons montré que personne n’est à l’abri…même pas les petits patrons, ce qui explique les atermoiements de Parisot.

 Ø      Un projet caricatural et totalitaire !

Quel est l’intérêt de mettre en fiche tous les candidats à tous les mandats syndicaux, même ceux qui ne seront jamais élus ? Quel est l’intérêt de conserver ces données sans limite, même après la retraite ? Quel est l’intérêt de millions de fiches, si ce n’est pour un flicage total et absolu de la population : c’est à dire par idéologie ?

 Ø      Conséquences sur l’engagement syndical…

Certains militants syndicaux sont confrontés à la répression. Avec Edvige les adhérents des organisations syndicales pourraient hésiter à s’engager plus avant dans le militantisme, par crainte d’être fichés. Cela va totalement à l’encontre du discours du gouvernement sur la démocratie sociale voulue en apparence.

 Ø      …et sur la vie professionnelle

On sait que l’accès à certains emplois est soumis parfois à des enquêtes dites de moralité.

Nous savons que ces enquêtes qui se déroulent sans aucune transparence sont déjà source d’interdiction professionnelle : les vigiles interdits d’emploi dans des zones « vigies pirates » des jeunes que l’on ne recrute pas parce qu’ils viennent de tel quartier ou que l’un des membres de la famille est réputé intégriste : nous avons tous des exemples en tête…

Ainsi, un syndicaliste qui aurait été fiché plusieurs années auparavant pourrait ne pas être embauché. Le passé militant inscrit dans Edvige peut léser à jamais certains parcours professionnels. Ses enfants, ses proches pourraient se voir interdits l’accès à des emplois au prétexte que les parents sont défavorablement connus des services de police !

Pour nous, à la CGT, être militant syndical est un engagement positif au service des autres. Nous n’accepterons pas que le contrôle de toute la population conduisent les salariés et les privés d’emplois à abandonner l’engagement collectif.

 Amplifions notre refus de ce fichage de masse de la population, signons massivement la pétition qui regroupe en quelques semaines plus de 140 000 signataires et 800 associations ou organisations syndicales.

Engageons nos syndicats, nos UL et nos UD à s’inscrire dans la lutte pour le retrait d’Edvige et pour construire la mobilisation du 16 octobre, jour de la Saint Edvige !

 Gagner contre Edvige c’est possible, déjà la mobilisation oblige le gouvernement à ouvrir le débat.

Le fichier Edvige est un danger pour nos libertés individuelles et collectives. Il doit être supprimé.

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