Livre vert sur la jeunesse (1) Associations d'Education populaire

Publié le par ferc cgt 66

Contribution au « Livre Vert sur la Jeunesse ».

 

Adressée à Martin Hirsch, Haut Commissaire à la Jeunesse et à la Vie Associative

 

1- L’importance de l’Education Populaire dans « l’éducation

informelle », les problèmes de son financement aujourd’hui.

 

« L’accès à la citoyenneté et aux droits fondamentaux procède d’une continuité éducative qui permet aux individus d’expérimenter et d’apprendre le vivre ensemble.
 Il ne doit donc pas être conçu comme un processus passif. […]
L’éducation populaire, en favorisant l’accès du plus
grand nombre, en particulier des jeunes les plus démunis ou en voie d’exclusion, au savoir et à la culture comme élément fondateur de la démocratie, joue un rôle de premier plan dans l’articulation entre éducation formelle, éducation non formelle et éducation informelle. »

 

Dans un contexte de déstructuration de la société et de pertes de repères structurants, l’Education

Populaire constitue une réponse moderne et adaptée aux défis du vivre et faire ensemble. Les

formes d’engagement et de prise de responsabilité que continuent de promouvoir, au travers de la

loi de 1901, les Associations d’Education Populaire, font preuve quotidiennement de leur

pertinence.

 

Mais aujourd’hui, les associations nationales, quel que soit leur champ d’intervention - action

sociale, culture, éducation, environnement, vie quotidienne, sports, recherche, santé – rencontrent

des difficultés économiques, notamment du fait des baisses générales de subventions d’Etat (voire de leur suppression) et du transfert d’autres aides publiques aux collectivités territoriales et aux établissements publics intercommunaux (EPCI). A cela s’ajoutent la diminution des postes FONJEP ainsi que le « rappel » des fonctionnaires « mis à disposition » situation aujourd’hui renforcée dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP).

 

Les subventions, aides diverses, représentent pour certaines associations 80 % de leur

fonctionnement, alors que cela ne représente que 20 % pour d’autres.

 

Pour autant, subventionnement ne signifie pas systématiquement instrumentalisation de

l’association, de même qu’autofinancement n’est pas gage d’indépendance. En effet, lorsque

l’association s’adresse à des usagers, cas de la délégation de service public, elle est soumise à des

contraintes de gestion qu’elle ne connaît pas lorsqu’elle s’adresse à des adhérents.

 

Dès lors, les associations se trouvent contraintes à assurer des missions d’activités d’animation, de développement local, de gestion d’équipements, de services aux usagers, voire de fourniture de produits culturels et de loisirs à un public plus ou moins solvable de consommateurs (domination des concepts d’animation et de loisirs).

 

On assiste ainsi à la mise en concurrence des associations d’Education Populaire, concurrence qui

porte de moins en moins sur des options idéologiques, mais sur la conquête de nouveaux publics,

sur l’attribution de nouveaux marchés, sur la réponse à des appels d’offre des pouvoirs publics ou

des collectivités locales, sur la participation à la mise en concurrence de projets de développement locaux, de dispositifs d’insertion et/ou de formation professionnelle.

 

Reste que la vie des associations est fonction de l’histoire et du projet des structures, des réseaux

(éventuellement), de leur taille, de leurs activités, de leur localisation, du tissu associatif local, de

l’éventuelle dépendance financière (ville, collectivités territoriales, CAF, ministères Jeunesse et

sports, Education nationale, Culture, Agriculture…)

 

Ainsi, certaines associations conservent pleinement leur capacité à présenter un projet, à mettre en œuvre des pédagogies autres.

 

Il n’en reste pas moins que des activités de plus en plus segmentées, individualisées, à destination

de certaines catégories ciblées de population, entraînent d’autres associations à ne plus construire un idéal ou un projet commun.

 

Dès lors, quelles propositions ?

 

Par essence, la gestion d’une association d’Education Populaire ne peut reposer prioritairement sur des critères marchands. Elle doit reposer sur une dialectique mettant en tension ses finalités et ses contraintes, sinon son projet et son objet deviennent exclusivement commerciaux.

 

L’abandon de la responsabilité de l’Etat en matière de jeunesse, de culture et de vie associative ne

peut être tenu pour inéluctable. Au même titre que ce qui existe pour la culture, ne peut on pas

imaginer de voir l’Etat contraint par la loi à consacrer 1 % de son budget à la réalisation des

missions des associations d’Education Populaire ? De même, ne doit –on pas exiger la suppression de la taxe sur les salaires que versent les associations ?

 

De la même manière, les CAF doivent reconnaître le travail des associations d’Éducation Populaire comme un travail participant à la construction de l’individu en complémentarité de l’école et de la famille. Pour l’heure, les financements consentis par la CAF, notamment à travers le « contrat enfance et jeunesse », concernent prioritairement les actions spécifiques à la fonction d’accueil. Ils doivent représenter au minimum 85% du montant de la prestation versée par la Caf. Un maximum de 15% peut être affecté à la fonction de pilotage.

 

Ne peut-on pas imaginer des partenariats avec les élus municipaux, les conseils généraux, les

conseils régionaux, les CAF, rien n’empêchant que des actions parallèles soient mises en œuvre, en sus, dans un cadre territorial : encadrement, soutien à des politiques sociales et/ou culturelles d’une région, d’un département, d’une commune…Car, la (les) particularité(s), la (les) spécificité(s) d’une (d’) association(s) peuvent permettre aux élus de répondre à des besoins ponctuels, locaux, ciblés, et il serait dommage de se priver de l’expérience, de la diversité des associations.

 

Ainsi aux missions « historiques » de ces associations s’ajouteraient des missions ponctuelles leur

assurant une souplesses dans leur budget, des occasions de mettre en pratique leurs projets éducatifs propres, de les expérimenter et ainsi d’enrichir leur réflexion, de renforcer leur implantation

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