Le tourisme social remis en question

Publié le par ferc cgt 66

Déclaration du Conseil du Patrimoine de l’ANCAV-TT

 

 

Solidarité, Mutualisation, mixité sociale, conditions de vie et de travail des salariés, tourisme durable

 

Les 5 ***** du Tourisme Social


La loi de juillet 2009 portant sur la modernisation du Tourisme a, dans ses objectifs, fixé la révision de la classification des établissements hôteliers. Dans ce cadre, elle souhaite que les résidences hôtelières, les hôtels et les Villages de vacances soient classés par étoiles.

 

Peut-on comparer le tourisme social avec le secteur marchand ? Poser la question c’est déjà y répondre.

 

Le gouvernement, dans sa volonté de libéraliser tous les systèmes, fait un choix politique. En voulant comparer, ce qui ne peut être comparé, il cherche à affaiblir le tourisme social. Même si pour ce dernier des efforts considérables ont été entrepris avec peu ou pas de subventions pour améliorer les hébergements, notre objectif n’est pas de rivaliser avec les 3, 4 et 5 étoiles du secteur capitalistique.

 

Le Tourisme Social n’a pas comme priorité la recherche du profit et la rémunération des actionnaires.

 

 Ses objectifs sont tout autres. La priorité du Tourisme Social Associatif, ce sont les vacanciers, leurs familles. Sa bataille c’est le droit aux vacances pour tous, sans exclusive et dans la plus grande diversité.

 

Dans le tourisme social, pas de classement par le revenu, la volonté affirmée c’est le brassage social, que toutes les catégories socio-professionnelles de salariés, de toutes régions se rencontrent, échangent et, de cette diversité s’enrichissent mutuellement tout en profitant d’un repos bien mérité.

 

Dans le tourisme marchand, les vacanciers sont en permanence classés par tranche de revenus : riches, pauvres, couches moyennes, à chacun son étoile et que tout le monde reste bien à sa place.

 

Cette façon de pratiquer est à l’aune de ce que souhaite ce gouvernement pour notre société qui voit partout et pour tous s’aggraver les inégalités et l’exclusion. Nous, les étoiles nous voulons surtout les voir briller dans les yeux des enfants qui profitent, avec leurs parents, de nos villages vacances.

 

· Combien d’étoiles pour les journées solidaires avec le Secours Populaire ?

 

· Combien d’étoiles pour des animations qui donnent du sens à vos vacances, qui n’ont d’autre objectif que de rendre celles-ci les plus « riches » possibles ?

 

· Combien d’étoiles pour toutes les rencontres dans la proximité avec les acteurs locaux, qui font la richesse de nos régions ?

 

· Combien d’étoiles pour les actes de mutualisation engagés par les CE, COS, CASC qui sont le fondement du tourisme social par la construction d’un patrimoine de qualité ?

 

· Combien d’étoiles pour garantir une meilleure convention collective, des avantages aux salariés qui chaque jour par leur travail font vivre pour les usagers les villages de vacances.

 

· Combien d’étoiles pour des logements dignes à disposition des saisonniers dans tous nos villages ?

 

Non, on ne peut décidément pas comparer le tourisme social au tourisme marchand, car comme le dit si bien une certaine publicité « nous n’avons pas les mêmes valeurs ».

 

Pouvons-nous désormais comparer les engagements d’un CE dans du patrimoine social et mutualisé, à la politique commerciale du Groupe ACCOR ?

Pouvons-nous imaginer que seules les étoiles portant sur presque exclusivement l’hébergement, feront la qualité de vos vacances ?

 

Cette année, nous fêtons les 65 ans de la création des Comités d’Entreprise qui n’ont pour objectif que de répondre aux besoins et attentes des salariés et de leurs familles, qui agissent pour le départ du plus grand nombre. Ce ne sont pas les étoiles qui permettront de gagner cette bataille, bien au contraire.

 

Cette classification discriminante n’aura pour objectif, une fois de plus, que de favoriser les privilégiés.

 

Les propos d’Anne Yannic, Directrice Générale France du Club Med (Tour hebdo du 8/04/2011) ne démentent pas malheureusement cette affirmation. En effet elle déclare ouvertement que le passage à une gamme supérieure des installations a pour objectif « d’avoir moins de clients mais qui auront la capacité de payer plus cher ».

 

On est très loin du droit aux vacances pour tous. C’est la montée des surenchères à l’hébergement, qui va accentuer une compétition sans merci, et qui, si nous n’y prenons garde, peut mettre en péril le tourisme social. C’est pourquoi l’ANCAV-TT, pôle de tourisme social outil de la CGT pour gagner la bataille du droit aux vacances à la culture aux loisirs et aux sports pour tous, refuse cette classification porteuse d’injustices sociales.

 

Nous appelons les adhérents de l’UNAT à faire de même sur la base des valeurs qui nous rassemblent et qui ont fait toute l’originalité de notre conception des vacances. La solidarité, la mutualisation, l’action pour le droit aux vacances ça ne se mesure pas en étoiles.

 

Les conditions de vie et de travail des salariés du tourisme social, l’application d’une convention collective, supérieure à celles des Hôtels, Cafés et Restaurants où des résidences de tourisme, c’est combien d’étoiles en plus ?

 

Oui, dans son histoire le tourisme social a fait des choix, à l’opposé du secteur marchand.

 

 Il en est fier. Pour nous c’est cette histoire-là qui fait notre richesse, et que des milliers de salariés agissent avec nous pour l’accès aux vacances du plus grand nombre.

Les lumières de la piste aux « étoiles » de ce gouvernement ne nous attireront pas.

Unis, rassemblés, nous continuerons à agir pour des vacances de qualité, accessibles à tous dans la diversité des origines sociales ou géographiques.

 

Le tourisme social c’est la solidarité, la fraternité, la convivialité.

 

Rien à classer, pour nous les villages de vacances de notre Pôle sont ouverts à tous, ils sont le bien commun de chacun et tous doivent pouvoir en profiter pleinement.

 

Ce que nous souhaitons c’est redonner du sens aux vacances, redonner du sens au collectif, en respectant les choix des individus dans un monde où le capital et les gouvernements poussent à l’égoïsme et au chacun pour soi.

 

Sommes-nous à contre courant en portant ces valeurs de solidarité ou au cœur des enjeux de la société que nous voulons construire ?

 

L’ANCAV-TT, avec ses adhérents et toutes celles et ceux qui partagent les mêmes objectifs, continuera à agir pour que le droit aux vacances devienne une réalité pour tous. 

 

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