Recherche, éducation, culture, médias : des luttes qui font sens
Bon d’accord, la France s’est pris quelques claques en Europe ces jours derniers. On peut bien sûr penser à la présidence Française qui va commencer avec le non
irlandais à un traité que notre bonimenteur à Rolex a essayé de vendre comme un marchand de voiture d’occasion.
On peut aussi parler de l’Euro de foot et du coup le débat, ou du moins c’est ce qu’on voudrait nous faire croire, serait : « faut-il virer le sélectionneur ? » Palpitante question. Mais qui ne parvient pas à nous faire oublier d’autres urgences sociales. On est passé bien vite cette semaine sur le demi million de manifestants qui ont défilé à l’appel de la CGT, CFDT, FSU et Solidaires, le 17 pour défendre les retraites solidaires et le temps de travail.
On n’a carrément rien dit des chercheurs qui ont une nouvelle fois manifesté contre la réforme du CNRS et son éclatement en six instituts nationaux (mathématiques,
physique, chimie, sciences de l’ingénieur, sciences humaines et sociales, écologie et biodiversité) dont les directeurs seront nommés par le ministère. Pourtant, c’est par centaines qu’ils ont manifesté jeudi dans les villes comptant des délégations régionales du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) pour dénoncer ce
projet de réforme « Horizon 2020 ». A Paris, le conseil d'administration qui devait avaliser le projet a été reporté suite à l'occupation du siège de l'organisme par un millier de manifestants.
Pour autant, on sait que le gouvernement veut faire vite, contre l’avis de la communauté
scientifique. Mais que le gouvernement y prenne gare, la menace de démission collective des directeurs de laboratoires n’est pas en l’air. On a pas pu en revanche passer à côté de la mobilisation unitaire des personnels des chaînes de télévisions publiques qui se sont à nouveau manifestés le 18 juin lors de la publication du rapport de la Commission Copé sur la suppression de la publicité sur ces chaînes. Non pas tant qu’ils aiment la pub.
Mais parce qu’elle est faute de mieux, l’une des ressources essentielles de la télévision
publique. Et que la supprimer sans la compenser par autant de produit de la redevance,
c’est retrancher un bon quart du budget et la saboter. Dans ces deux conflits, ce sont les catégories de salariés qualifiés et hautement qualifiés qui sont en mouvement. Comme les enseignants qui se mobilisent depuis des mois ou encore les personnels de la météorologie nationale. Leur mobilisation sur des thématiques distinctes se rejoignent néanmoins parce qu’il s’agit à chaque fois de défendre une certaine idée du service public, une certaine idée de la culture, du savoir, de l’immatériel, de la connaissance.
Ces personnels défendent un travail qui leur fait sens et qui fait aussi sens pour tout un pays.


FERC CGT des
PO