Le Formateur et son Environnement Professionnel
Formateur : Une nébuleuse aux compétences, pratiques et conditions d’exercice très diverses dont le foisonnement rend difficile l’identification d’un métier. Les
nommer, qualifier, répertorier, compter ne s’avère pas facile. La dénomination est ambiguë, dévaluée, mal comprise par les utilisateurs. 72 appellations différentes se répartissent selon 2
polarités fonctionnelles : intervention pédagogique ou organisation. Il est plus aisé de parler des métiers de la formation.
Un groupe professionnel ?
Divers dans leurs savoirs, qualifications, conditions d’accès aux métiers, les formateurs peinent à se représenter en tant que groupe, à utiliser leurs
capacités de mobilisation, à se faire reconnaître, à prendre leur place. La profession est à analyser comme un mouvement social (Strauss 1992)
Scheffknecht (1975) : " Est formateur toute personne accomplissant un travail de formation s’adressant à des adultes ".
Depuis 1982, les professionnels de la formation sont pris en compte dans 2 catégories de la nomenclature des professions et catégories
socio-professionnelles (PCS) INSEE :
- formateurs et animateurs de formation continue (code 42.32)
classés dans le groupe des instituteurs, assimilés parmi les professions intermédiaires.
- cadres spécialistes du recrutement, de la formation (code 37.22)
classés au sein des professions intellectuelles supérieures.
Une étude sur le DUFRES (diplôme d’université de formateur responsable d’actions de formation) en Avignon, Montpellier, Nice montre que 3 thèmes
dominent les mémoires de fin d’étude :
1.le changement,
2.l’évaluation,
3.l’accompagnement des publics en insertion professionnelle et
sociale.
Les intervenants de la formation ont connu une explosion démographique.
Certains intervenants se sont spécialisés dans la formation de base de publics peu ou pas scolarisés et faiblement qualifiés. La lutte contre
l’illettrisme est en effet inscrite dans la loi d’orientation de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998.
D’autres se situent dans le champ du travail social, notamment l’orientation et l’insertion.
D’autres ont développé une expertise de contenus.
D’autres, enfin, garantissent plutôt un processus. Ils déterminent le cadre et créent les conditions de l’apprentissage. Leur intervention exige un
profil de tiers facilitateur-médiateur-consultant, compétences qui vont au delà de la stricte expertise pédagogique. Ils sont capables de réaliser un diagnostic, élaborer un cahier des charges,
mobiliser des personnes ressources, résister aux demandes classiques du client, accompagner une démarche collective, proposer une démarche d’organisation.
Pour info – Définition du fichier ROME – ANPE
Appellations principales : Animateur de formation - Chargé de formation -
Formateur - Formateur de formation professionnelle - Moniteur de formation.
Appellations spécifiques : Assistant de formation - Coordinateur de
stage - Coordinateur formateur - Coordinateur pédagogique - Formateur consultant - Formateur-professeur - Formateur technique - Instituteur-maître formateur - Moniteur en centre de formation
d'apprentis (CFA) - Professeur en centre de formation pour adultes.
Définition
Transmet des savoirs ou des savoir-faire à des publics adultes. Evalue les résultats pour réajuster les contenus et suivre le déroulement des
opérations. Dans certains cas, participe à la conception des outils pédagogiques, adapte les méthodes nécessaires ou expérimente. Met en œuvre, éventuellement, le plan de coordination et de
régulation des activités, des actions et des filières. Peut assurer, en fonction d'une demande et des besoins des entreprises, une intervention relevant du domaine de sa spécialité (assistance
technique, participation à un projet, études ...). Suivant le niveau de responsabilités, peut animer une équipe de travail et participer au recrutement des collaborateurs et au choix des
intervenants.
Caractéristiques du métier
Diversité des profils, éclatement des missions, pluralité des savoirs professionnels mis en jeu, variabilité des contextes de travail…
Ce secteur multiforme travaille dans un environnement mouvant et incertain où priment souplesse, réactivité, innovation, créativité, résolution
d’imprévus, travail en équipe...
Les formateurs sont confrontés à davantage d’exigences de la part des salariés, davantage d’autonomie des équipes et des individus, des tâches de plus
en plus complexes, des groupes de stagiaires à géométrie variable, des contenus construits au fur et à mesure, une coopération exigée à tous les niveaux, des circuits de pilotage et de régulation
à tous les échelons de leurs activités.
Les formateurs se vivent plutôt comme promoteurs et passeurs de la modernité, empreints de l’esprit d’améliorer les compétences, ajuster les
comportements, mettre en place une organisation, un processus pour apprendre.
Ils représentent 55 % des effectifs des organismes de formation privée.
Une forte précarité : Les CDD sont majoritairement proposés dans les entreprises financées par fonds publics et concernent 22% de femmes, 16 % d’hommes. .
Sur-diplômés, sous-classés, sous payés, en contrats précaires : la profession est sinistrée.
· La durée moyenne du
CDI temps partiel est de 20:30hs par semaine.
· La majorité des
salariés sont des femmes (près des 2/3, soit 64%)
· Ils/elles sont
diplômé (e)s de l’enseignement supérieur (Bac + 3 et plus).
· L’âge moyen est de
40,5 ans ; la moitié des salariés a entre 35 et 49 ans.
· Un (e) salarié (e)
sur deux est à temps partiel
· Ils/elles sont sous-payé (e)s : leur salaire minimum est de 1200€ net, ramené à la durée moyenne de travail des formateurs (1/3 de temps), cela correspond à un salaire de
400€ net par mois, ce faible revenu les contraint à travailler chez plusieurs employeurs, ce qui entraîne de nombreux déplacements non rémunérés.
· Les formateurs de langues
Aujourd’hui, la formation en langues est un métier hautement professionnel qui a vocation à se développer dans un monde de plus en plus mondialisé. Les
problèmes qui préoccupent les formateurs dans la plupart des centres de formation linguistiques sont sensiblement les mêmes depuis des années: temps de disponibilité et temps de
transport non rémunérés, faibles salaires, manque de promotion et, particulièrement pour les formateurs en langues rares, une précarité totale. De plus en plus de profs de langues se
mobilisent, s’organisent, discutent de leurs problèmes ensemble, prennent contact avec le SNPEFP.
Niveau de formation
En France, travailler dans le champ de la formation des adultes en tant que formateur, conseiller en formation, responsable de formation ou tuteur en
entreprise ne nécessite ni formation initiale ni diplôme spécifique. Certaines grandes institutions de formation ont leur propre système de formation initiale.
Une étude conduite en 2003 en Midi-Pyrénées montre que
50 % des formateurs n’ont jamais suivi de formation, même très courte, relative à leur métier
75 % n’ont pas de diplôme de formateur
50 % souhaiteraient pouvoir suivre une formation diplômante, à la fois pour obtenir une reconnaissance identitaire professionnelle et pour développer
leurs compétences.
Leur niveau ne cesse de s’élever. De nombreux autodidactes se sont formés de façon informelle, seuls, en groupe ou en réseau, en dehors des
institutions éducatives, sans finalités d’acquérir un diplôme.
Environnement professionnel
Le marché de la formation professionnelle est un secteur difficile à appréhender :
· en perpétuelle réorganisation
· multitude d’acteurs : organismes publics, parapublics, structures privées, associations, Etat,
régions
· secteur privé atomisé et mouvant
· secteur public et parapublic très présent
· composé essentiellement de petits organismes
La FPC se ressaisit en 2006, avec une hausse sensible de + 3,5 % du CA; elle profite aux entreprises privées de petite taille (+ 5,5
%) . Les entreprises de grande envergure en profitent aussi (+ 5 %).
Le secteur de la formation professionnelle est en plein essor. D’après les chiffres de la fédération patronale, l’augmentation du chiffre d’affaires des organismes
de formation était de 8% en 2007, et sera de 9% en 2008. Les organismes se restructurent, le travail ne manque pas. Les employeurs ne devraient pas être les seuls à profiter de cette
conjoncture favorable.
Plus de 50 000 prestataires y réalisent un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros. La moitié desétablissements déclare moins de 75 000 euros / an et représente 3
% de la masse financière globale. A l’autre extrémité, 2 % des organismes déclarent plus de 3 millions d’euros et occupent 1/3 du marché. Les structures publiques ne représentent que 5% des
structures spécialisées, avec 20% du chiffre d’affaires du secteur ; elles forment 12% des stagiaires et assurent plus de 22% des heures stagiaires.
Les petites entités augmentent; les entreprises financées par le privé augmentent. La croissance provient essentiellement du développement de formations DIF
et du contrat de Professionnalisation.
Origine des fonds des organismes privés :
· 35 % publics (Etat, Régions) – en baisse constante de 2 points par an
· 44% privés (2000 entreprises)
· 21% mixtes
Le secteur public est considéré par les employeurs associatifs et les patrons dusecteur de la formation privée comme un concurrent redoutable : garantie étatique du
bon fonctionnement des diplômes, subventions publiques qui rendent le prix des prestations de formation très compétitif.
Données sociales
· 56
OOO entreprises enregistrées, 35 OOO actives.
· 4550 organismes de formation sur l’ensemble du territoire national emploient au moins 2 salariés en équivalent temps
plein
· 3200 organismes emploient de 2 à 9 salariés ETP, soit 70%.
· 1
200 organismes, 27% ont un effectif entre 10 à 49 salariés ETP..
· 150 organismes, 3 % ont un effectif de plus de 50 salariés ETP.
· Depuis 3 ans, il y
a une augmentation des petites structures. Dans leur majorité, elles sont l’émanation de gros organismes qui veulent soustraire une partie de leur activité à la représentativité
salariale.
Sources :
Etude XERFI 2005 sur la formation professionnelle
Bilan social 2005 et 2006 I+C, déc 2007
Représentativité syndicale
Dans la majorité des organismes de formation, le droit syndical est inexistant ou la Convention Collective n’est pas appliquée.
S’agissant de l’absence de droit syndical, cela s’explique par le nombre important d’entreprises ayant un effectif de moins de 50 salariés.
La plupart des entreprises n’ont pas de délégué du personnel ni de Comité d’établissement. Par conséquent, aucun salarié n’est protégé et le droit d’alerte est
d’autant plus difficile à actionner. Dans ces conditions, la demande de la FFP de renvoyer les négociations au niveau de l’entreprise est un leurre.
Nous demandons l’abaissement du seuil de calcul de l’effectif à moins de 9 salariés pour la mise en place des IrP ; cela contribuerait à résoudre le problème de
l’absence d’exercice du droit syndical dans ces entreprises.
Les entreprises de moins de 2 salariés doivent avoir la possibilité de se regrouper et de se donner une représentation syndicale.
Nous pouvons aussi, compte tenu de la précarité et du fort turn-over du personnel dans notre secteur, mettre en chantier la sécurité sociale et professionnelle du
salarié afin de garantir une égalité de droits pour tous les salariés dans tous les organismes qui les emploient, quelle que soit la taille des établissements.